Le goût
de la Conquête

2008 a connu une fluctuation des cours des matières premières sans précédents, comment le groupe a-t-il réagi ?

David Holder : Cet envol du cours des matières premières était totalement spéculatif et non fondé. Un phénomène heureusement éphémère. Un an plus tard les cours sont revenus à la normal. Même si dans nos métiers, nous sommes couverts sur certains marchés à 12 mois, nous avons subi de plein fouet cette augmentation.

Maxime Holder : Une augmentation que nous n’avons pas voulu répercuter sur les prix de nos

produits et qui a touché nos 20/80. Nous avons pris le problème autrement en retravaillant nos recettes, en rationalisant nos gammes de produits et en adaptant certaines de nos matières premières.

Elisabeth Holder : Cette hausse nous a poussé également à réétudier l’optimisation de certains de nos process. Un effort particulier de rationalisation a été porté sur le conditionnement.

Dans un contexte économique difficile, en quoi le secteur de la boulangerie-pâtisserie est-il un atout ?

MH : Le pain est un produit simple et la boulangerie est à la base de notre alimentation.

EH : Le pain fait partie de notre culture, on ne peut s’en passer. Nos clients viennent chercher un produit de qualité au juste prix. La boulangerie, par ailleurs, est un secteur qui rassure.

MH : J’ajouterai, qu’au-delà du pain, dans nos maisons, on donne aussi à nos clients la possibilité de s’offrir le petit luxe accessible du quotidien. Une pâtisserie ou une viennoiserie, un chocolat chaud… Nous restons sur de petits paniers moyens.

DH : Oui, et au travers de nos produits, nos marques apportent plus que de la boulangerie ou de la pâtisserie. Elles vendent de la tradition, du goût et du savoir-faire. Dans des périodes aussi difficiles, nos maisons ont vraiment leur carte à jouer. Car tout en continuant à se faire plaisir, nos clients font malgré tout plus attention. Nous devons plus que jamais véhiculer une part de rêve avec de vrais produits, des produits différenciés, des produits de qualité.

Diriez-vous que le groupe HOLDER est un agitateur de marché ?

MH : “Cent fois sur son métier, remettre son ouvrage”. Quelque soient ses domaines d’intervention, notre Groupe projette en permanence ses métiers vers le futur en lien avec les références du passé. PAUL peut se prévaloir d’avoir été précurseur en boulangerie et a largement contribué à la construction du marché français. Il a d’ailleurs été énormément copié, imité mais jamais égalé. Le moindre soubresaut, aujourd’hui encore, fait bouger toute la profession.

DH : Peu de groupes peuvent se réclamer de 120 ans de tradition. Nous tirons notre force de notre histoire et de notre esprit de conquête. Lorsque l’on arrive sur des marchés vierges avec PAUL ou LADURÉE on a une vraie histoire à raconter et des habitudes à créer. Inversement, sur des marchés

plus concurrentiels, on perturbe par notre goût très français, dans des décors très français avec un art de vivre à la française. Dans les deux cas, on offre quelque chose de fort. En ce sens nous sommes agitateurs de marché.

EH : C’est aussi de cette façon que CHÂTEAU BLANC a été positionné. Sur un marché ultra concurrentiel, le Groupe a choisi la niche de la qualité rationalisée. Les nouvelles idées et les nouveaux concepts du Groupe marquent les habitudes de consommation et créent des tendances. Les avancées technologiques de CHÂTEAU BLANC avec ses lignes de production uniques au monde nous positionnent comme avant-gardiste sur les marchés. Le but de tout agitateur.